Airbnb condamné à Oléron, sévèrement encadré par la loi Le Meur Echaniz, réduit à 90 jours par an pour les résidences principales à Bordeaux, comment vivez-vous ce climat de plus en plus hostile à votre activité?
Nous le vivons à travers ce que nous disent les hôtes : les bénéfices tirés de la location meublée de tourisme ne sont pas reconnus. À Bordeaux, 91 % des biens sur Airbnb sont loués occasionnellement, sans effet sur le marché du logement. Cela impacte juste le pouvoir d’achat : le revenu médian tiré par un hôte s’élève à 3 700 euros brut par an. 60 % des hôtes disent qu’ils louent pour boucler les fins de mois. Cela touche le pouvoir d’achat, l’accueil touristique, l’activité économique pour les commerces. En France, c’est un milliard d’euros et 9 000 emplois, en Gironde c’est 8000 emplois et 480 M€ d’activité. Les hôtes ne comprennent pas et moi non plus!
Comprenez-vous qu’il y a des zones où les touristes trouvent à se loger mais pas les habitants ?
En réalité, ce sont des mesures de diversion, on dit qu’on va remettre des logements sur le marché en réduisant le nombre de jours où une résidence principale peut être louée. C’est évidemment faux, c’est déjà une résidence principale. Les hôtes auront moins de pouvoir d’achat, les voyageurs moins d’options, les commerces moins d’activité.
Que suggérez-vous ?
Il faut agir sur les causes de la crise du logement : logement vacant et déficit de construction. Arrêtons de faire croire qu’on va résoudre cette crise en prenant des mesures de diversion. À Bordeaux, des restrictions sont en place depuis 2018, la situation de l’immobilier ne s’est pas améliorée : les loyers ont augmenté de 16 %, les prix de l’immobilier de 36 %. L’impact de la location de courte durée sur le marché du logement est nul ou marginal, selon les endroits.

