"Nous attendons avec inquiétude de voir la réaction du marché", déclarait Xavier Vercaemst de C-Hotels, qui exploite 11 hôtels, dont 10 sur la côte belge. "Nous répercuterons cette hausse de TVA sur nos clients, et la question est de savoir comment ils réagiront. Nous sommes inquiets."

"Nous n'avons jamais eu à appliquer une hausse de prix aussi importante. Si l'on tient compte de l'inflation, on se retrouve rapidement avec des augmentations de 9 à 10 %. C'est considérable."

"Aux Pays-Bas, la TVA sur les hôtels a également augmenté récemment, atteignant même 21 %. Les taux d'occupation ont fortement baissé. On observe également des signes de report des investissements et de licenciements de personnel. Ce n'est pas bon du tout pour le marché."

Report des investissements

Xavier Vercaemst indique aussi qu’il reporte ses investissements. "Nous allons attendre de voir comment la situation évolue cette année, car nous ne pouvons pas faire les comptes avant la fin de l'année. Nous pourrons alors constater l'impact de la hausse de la TVA."

Selon Vercaemst, la période de transition constitue un problème majeur. "Nous ne pouvons pas répercuter la hausse de la TVA sur les réservations effectuées avant le 1er mars. Cette hausse sera directement déduite de notre marge. Autrement dit : nous ne pouvons plus ajuster le prix des contrats existants, mais nous devons tout de même payer nous-mêmes la TVA au taux majoré. Cela concerne toutes les réservations déjà effectuées pour 2026 et 2027."

Les pensions de famille plus touchées

Vercaemst estime que les petits hôtels de famille seront plus affectés que les grands. "Ces hôtels ont souvent une clientèle fidèle, qui est habituée à payer un prix fixe. Il est plus difficile dans ce cas de répercuter la hausse de la TVA sur les prix. Nous pratiquons davantage la tarification dynamique et, face à une demande plus forte, nous pouvons plus facilement répercuter une partie de la hausse de la TVA sur nos prix."

"Nous proposons également des hôtels dans différentes gammes de prix. Une chambre à 100 ou 106 euros est différente d'une chambre à 300 ou 320 euros. Si un hôtel devient un peu trop cher pour un client, nous espérons pouvoir en proposer un autre à un prix plus abordable. C'est un avantage que les petits hôtels ne peuvent souvent pas offrir."

Foto Un des hôtels réputés de la station balnéaire du Coq Christophe Ketels / COMPAGNIE GAGARINE
Un des hôtels réputés de la station balnéaire du Coq

L'influence du beau temps

De toute façon, l'impact de la hausse de la TVA ne sera visible que dans quelques mois. "Hier et aujourd'hui, nous n'avons certainement pas eu moins de réservations. Mais c'est surtout dû au beau temps : les gens planifient plus facilement leurs prochaines vacances à cette période. Cela ne dit donc pas grand-chose sur la hausse de la TVA", concluait Xavier Vercaemst au micro de Radio 2.