Comme dans la série "White Lotus", certains hôtels proposent aux vacanciers de passer des vacances déconnectées. Tendance, la désintoxication numérique s’est ainsi glissée du petit écran aux offres hôtelières, boostée par les voyagistes et offices du tourisme.
"Nous avons débuté cette année, cela fait partie de notre stratégie pour l’été", explique dans le 19h30 de la RTS Cornelia Zschunke, manager de l'hôtel Frutt Mountain Resort, à Obwald, qui propose désormais des digital detox. "Nous accueillons beaucoup de Suisses qui veulent découvrir la région, mais aussi qui veulent se retirer et se recentrer sur ce qui est important dans la vie", précise-t-elle.
Les personnes souhaitant y prendre part doivent laisser leur téléphone ou tablette à la réception. Les chambres ne contiennent rien de numérique non plus, ni télévision, ni radio.
"On se sent immédiatement moins stressé"
"Au travail, je passe mon temps derrière un écran, environ 8 à 9 heures par jour. Et même quand je rentre à la maison, je scrolle sur mon téléphone", indique Zifan, qui a réservé, avec son compagnon Alexandre, une digital detox dans cet hôtel de montagne.
Passer 48 heures sans écran est plutôt inhabituel pour ce couple, qui a donc occupé son temps en profitant des autres aménagements de l'hôtel, tels que le spa ou la bibliothèque.
"Ne pas lire l’actualité, ne pas être joignable, ne pas savoir ce qu'il se passe dans le reste du monde, c’est un peu effrayant", confie Zifan. "Lorsqu’on a pas de téléphone sur soi, on se sent immédiatement moins stressé", estime au contraire Alexandre.
Miser sur la régularité
Au Frutt Mountain Resort, la déconnexion a un coût: plus de 600 francs par personne et par nuit. Mais il n'est pas nécessaire de dépenser quoi que ce soit pour s'essayer à la détox numérique. Il suffit par exemple d'éteindre son téléphone en vacances.
Le psychologue spécialiste de l’hyper-connectivité Niels Weber regrette cependant cette injonction à la déconnexion, "comme si le fait d’être connecté était une mauvaise chose". "Cela va augmenter la culpabilité au quotidien", dit-il.
Par ailleurs, si l’intention des personnes souhaitant se déconnecter est bonne, sans régularité, l'effort sera vain, prévient Niels Weber. "Je ne recommande pas forcément un séjour de digital detox. Par contre, on peut s’inviter mutuellement à réfléchir à quel moment les écrans sont utiles ou pas", conclut-il.

