Dans l’hôtellerie de luxe, les distinctions sont devenues une discipline à part entière. Clefs Michelin, Forbes Travel Guide, Condé Nast Traveller... Chaque palmarès possède ses propres règles, ses jurys et sa vision de l’excellence. Mais là où certains évaluent les établissements selon des critères précis, The World’s 50 Best Hotels (aussi appelé les 50 Best) privilégie une approche plus subjective, fondée sur l’expérience vécue et le souvenir laissé au voyageur.
Le rendez-vous est fixé le 15 septembre 2026, à 18 heures, rue de Rivoli, à Paris.
Une question - ou plutôt trois - sera sur toutes les lèvres: qui fera son entrée dans le Top 50, qui devra céder sa place et, surtout, quel établissement décrochera la première place, aujourd'hui détenu par le superbe hôtel Rosewood à Hong Kong?
The World’s 50 Best Hotels n’est pas un guide hôtelier classique. Lancé en 2023 par William Reed, le groupe britannique spécialisé dans les médias, l’événementiel à l’origine des célèbres World’s 50 Best Restaurants, ce classement mondial s’appuie sur les votes de plus de 800 experts anonymes de l’hospitalité.
Pas de candidature à remplir. Pas de dossier à envoyer. Et, surtout, pas de chèque à signer pour espérer apparaître dans le classement.
"Nous appliquons une politique stricte de non-paiement pour figurer dans le classement ou être éligible au vote", nous explique Rikki Tridball, directrice générale en charge des événements au sein de The World’s 50 Best Hotels.
"Le classement est entièrement déterminé par les votes des jurés de notre académie."
Le modèle économique, lui, repose sur des partenariats commerciaux avec des marques, à l'image d'American Express Travel, Kaviari ou encore Perrier mais ces partenariats sont, assure-t-elle, totalement séparés du processus de vote.
Une mécanique qui permet à The World’s 50 Best Hotels, de revendiquer son indépendance, tout en construisant, autour de son classement une véritable machine médiatique et événementielle.
Pas de critère de notations, que du ressenti
Au sein de ce concours, les votants ne reçoivent pas une liste de critères à cocher.
"Nous ne pensons pas qu’il existe, ou qu’il devrait exister, une définition unique de ce qui est 'meilleur'", explique Rikki Tridball.
"Tous les styles d'hôtels sont éligibles, quel que soit leur cadre, leur taille, leurs installations ou leur prix. La seule exigence est qu'ils soient ouverts pendant la période de vote. Des éléments comme le service, les chambres, la nourriture, le design et l'emplacement comptent naturellement pour tout le monde, mais l'importance de chacun est laissée à l'appréciation individuelle du votant. C'est ce qui rend la liste finale si spéciale, c'est cette véritable célébration des expériences hôtelières les plus mémorables au monde, et non des hôtels qui cochent une liste de critères spécifiques." poursuit-elle.
Chaque membre vote pour sept hôtels, par ordre de préférence, parmi ceux dans lesquels il a séjourné pendant la période de référence. Et cette année, cette période passe justement de deux à trois ans.
"Étendre la période de vote de deux à trois ans permet simplement à nos votants de s’appuyer sur une sélection plus large d’expériences mémorables", précise Rikki Tridball.
Le dispositif cherche aussi à éviter qu’un hôtel très médiatisé ou situé dans une destination particulièrement fréquentée bénéficie mécaniquement d’un avantage.
Concrètement, les 13 présidents d’académie, répartis aux quatre coins du monde, composent chacun leur propre jury. Au moins un quart des membres est renouvelé chaque année et, hormis les présidents eux-mêmes, l’identité des votants reste secrète. Un fonctionnement qui rend toute tentative d’influence particulièrement complexe.
Les résultats de l’édition 2025 témoignent toutefois du poids croissant de l’Asie dans l’hôtellerie de luxe mondiale: les trois premières places étaient occupées par le Rosewood Hong Kong, suivi du Four Seasons Bangkok at Chao Phraya River et du Capella Bangkok, tous deux situés dans la capitale thaïlandaise.
Le palmarès commence d’ailleurs à se dévoiler avant la cérémonie. En effet, avant le grand verdict, plusieurs distinctions spéciales viennent attiser les convoitises.
En effet, le 21 juillet, le Badrutt’s Palace de Saint-Moritz a remporté le SeiBellissimi Art of Hospitality Award, qui récompense la qualité de l’accueil. Le 4 août, le Fifth Avenue Hotel de New York a, quant à lui, décroché l’American Express Travel One To Watch Award, décerné à une adresse prometteuse susceptible d’intégrer prochainement le Top 50.
"Une nette augmentation des demandes de réservation"
Faire partie de cette liste est une reconnaissance qui se traduit par des retombées très concrètes.
La directrice générale en charge des événements au sein de The World’s 50 Best Hotels cite l’exemple du Rosewood Hong Kong, élu meilleur hôtel du monde en 2025.
À la suite de cette distinction, de nombreux clients ont partagé leur enthousiasme avec les équipes, fiers de séjourner dans le meilleur hôtel au monde. Un engouement qui s’est également fait sentir auprès des distributeurs.
"Des partenaires d’agences de voyages de premier plan ont transféré des clients d’hôtels concurrents vers le Rosewood Hong Kong", ajoutant que l’établissement avait également constaté "une nette augmentation des demandes de réservation".
Au Rosewood Hong Kong, le client ne réserve plus simplement une chambre, il s’offre une nuit dans "le meilleur hôtel du monde". Forcément, ça sonne mieux.
À noter également que la stratégie en matière de création de contenu pour les réseaux sociaux a permis d’accroître la visibilité du Rosewood Hong Kong dans le monde entier, et ce, plusieurs mois après l’événement.
De la jungle mexicaine aux ruelles chinoises, en passant par la vieille ville croate
L’autre force des 50 Best Hotels, c'est aussi, au-delà des établissements, de faire émerger des destinations.
En 2025, le classement a ainsi attiré l’attention sur des endroits aussi variés que la jungle du Yucatán au Mexique, grâce à l'hôtel Chablé Yucatán, classé 8e, les ruelles hutong du quartier de Qianmen à Pékin, avec le Mandarin Oriental Qianmen à la 14e place, ou encore la vieille ville croate de Rovinj, où se trouve le Grand Park Hotel Rovinj, classé à la 48e place.
Même logique avec le Southern Ocean Lodge, distingué l'année dernière par le prix One To Watch, qui a contribué à attirer les projecteurs sur Kangaroo Island et sa nature sauvage en Australie-Méridionale.
"Lorsqu’un hôtel gagne sa place dans la liste, il met en lumière toute sa destination", estime Rikki Tridball.
Depuis sa création en 2023, la cérémonie avait toujours eu lieu à Londres. En septembre 2026, elle quittera pour la première fois la capitale britannique pour s’installer à Paris. Pendant plusieurs jours, les professionnels du secteur s’y retrouveront, jusqu’au temps fort de l’événement: la cérémonie elle-même, avec tapis rouge, interviews, cocktail, dévoilement du classement et traditionnel compte à rebours.

