Une croissance modérée des tarifs hôteliers l’année prochaine : ce sont les prévisions pour les grandes destinations d’affaires d’American Express GBT, dans le cadre de son étude Hotel Monitor 2026. Une boule de cristal qui s’appuie sur des éléments tangibles, à commencer par les données internes à la TMC, notamment sa plate-forme de réservation hôtelière, combinées aux prévisions d’inflation et de PIB du Fonds monétaire international. « Les prévisions de cette année révèlent un environnement mondial nuancé où les incertitudes géopolitiques tempèrent les augmentations des tarifs hôteliers », a commenté Dan Beauchamp, vice-président Consulting d’Amex GBT.

A l’instabilité géopolitique s’ajoutent des conditions économiques qui peuvent être impactées par les droits de douane américains « limitant la demande et restreignant des hausses de prix importantes », souligne l’étude d’Amex GBT. Et cela aux Etats-Unis en premier lieu, où la TMC prévoit une progression limitée des tarifs hôteliers « en raison d’un ralentissement de la demande entrante ». Par ailleurs, les produits importés devraient s’y renchérir jusqu’à +2,6 %. D’où le conseil donné pour la TMC aux acheteurs voyages en ce qui concerne les hôtels américains en 2026 : « peut-être faudra-t-il laisser le petit-déjeuner hors des négociations ».

Malgré ces perspectives mitigées ou des entrées touristiques en baisse, une destination clé comme New York voit ses hôtels conserver une marge de manœuvre avec, pour les clients, une hausse des tarifs à attendre de +4,0 % en 2026. Un peu moins que celle prévue pour Toronto (+5,8 %), malgré la croissance de l’offre d’hôtels dans la ville canadienne. A l’inverse, le fort développement hôtelier dans les destinations mexicaines devrait se traduire par des hausses de prix plus modérées, notamment à Mexico (+2,0 %).

Alors que l’agence de voyages table sur une hausse continue des tarifs des hébergements haut de gamme « en raison de la demande croissante », notamment pour les hôtels de luxe, cette prévision devrait se ressentir en Europe. Néanmoins, au regard d’une croissance économique globalement modérée, les établissements de la plupart des destinations d’affaires du continent ne devraient enregistrer que des hausses tarifaires limitées en 2026, notamment à Paris où Amex GBT table sur une croissance de +2,4 %.

A Londres, malgré là aussi de nombreux hôtels à ouvrir, la hausse devrait dépasser les 4 %, poussée par l’augmentation des cotisations patronales d’assurance qui entraînera une hausse des coûts salariaux des hôtels partout au Royaume-Uni. De la même manière, « l’augmentation de la TVA devrait entraîner une hausse substantielle des tarifs aux Pays-Bas », remarque Amex GBT. Autre élément noté par la TMC, le durcissement de la réglementation relative aux locations à court terme pourrait jouer à l’avenir en faveur des hôteliers, avec un impact croissant sur les coûts d’hébergement, notamment à Amsterdam et Barcelone.

Des hausses sensibles en Inde et Amérique du Sud

Parmi les destinations où les voyageurs d’affaires et leurs entreprises doivent s’attendre à des hausses assez sensibles des prix des hôtels, les principales destinations d’Amérique du Sud se placent au premier plan avec une augmentation de +5,0 % attendue en 2026 à Rio de Janeiro et de +5,6 % à Buenos Aires, alors que l’économie argentine est en plein rebond. En Afrique, la ville du Cap devrait également voir une hausse des prix de 4,7 %, la demande dépassant l’offre d’hôtels d’affaires répondant aux exigences de sécurité.

Mais les plus fortes progressions tarifaires sont surtout attendues dans les métropoles indiennes. Pour Amex GBT, l’Inde est « le pays à surveiller » dans le cadre de la négociation des programmes voyage, « les prévisions en matière de tarifs hôteliers et de taux d’occupation poursuivant leur trajectoire ascendante ». Déjà en forte croissance cette année, cette hausse devrait se poursuivre en 2026 avec une progression de +5,3 % à Mumbai, de +5,7 % à Hyderabad et même de +6,8 % à Delhi et +6,4 % à Bengaluru, poussée par le dynamisme économique de la Silicon Valley indienne. Une situation qui tranche avec celle des métropoles chinoises, où l’hôtellerie est à la peine depuis plusieurs années, Amex GBT prévoyant des tarifs en légère baisse à Guangzhou et Hong Kong cette année, quand ils devraient rester stables à Shanghai et Shenzhen.

A Tokyo comme à Singapour ou Auckland, les voyageurs d’affaires doivent s’attendre à une augmentation des prix autour de 2 %, un peu moins à Sydney (+1,5 %). Soit des hausses similaires à celles prévues par Amex GBT pour les grandes destinations du Moyen-Orient à l’image de Doha (+1,4 %), Dubaï (+2,0 %) et Riyad où le développement hôtelier bat son plein (+2,3 %), la hausse devant être plus élevée à Abu Dhabi (+3,1 %).

Tout en mettant les mérites de sa plateforme hôtelière, qui donne accès à plus de deux millions d’établissements dans 180 pays, et de son programme Preferred Extras Hotel, l’étude entend dégager des perspectives aux acheteurs voyage comme souligné par Dan Beauchamp : « Ces informations permettent aux entreprises de prendre des décisions plus éclairées en matière de voyages dans un contexte de plus en plus complexe. »