- La Suisse établira son camp de base en Californie pour le Mondial 2026.
- Cinq sites potentiels ont été retenus entre San Diego, Los Angeles et San Francisco.
- L’ASF communiquera ses choix définitifs à la FIFA le 9 janvier prochain.
Dans un imaginaire fantasmé, quelque part entre Venice Beach et Malibu, il faut imaginer un grand hôtel couleur pastel, face à l’océan, un palace bien sûr. Un car devant, bariolé aux couleurs de la Suisse, des joueurs en short qui quittent le hall pour s’engouffrer dans le véhicule. Quelques minutes de route, le centre d’entraînement pour destination, avec la sono qui crache «Good Vibrations» ou «Surfin’ USA» – enfin, un titre des Beach Boys de toute façon –, même si tous les internationaux ont un casque vissé sur les oreilles. Le Mondial de la Suisse sera d’abord californien.
Tout «sentira» la Californie, puisque c’est là que la Suisse établira son camp de base, le tirage au sort a parlé. Mais pas de Beach Boys dans les haut-parleurs, pas de plages célèbres pour décor: le parfum d’un lifestyle, peut-être, mais le parfum seulement.
Murat Yakin et les 26 internationaux helvétiques qui seront retenus ne vont pas au Mondial 2026 pour se balader en tongs sur Hollywood Boulevard ou pour camper devant le Golden Gate Bridge, si San Francisco devait être retenu pour pied-à-terre. Ils seront dans l'État le plus cool des USA avec un devoir de performance.
Yakin: «Calme et intimité»
«Pour le choix de l’hôtel, le calme et l’intimité sont les choses les plus importantes pour moi», nous a dit mardi Murat Yakin depuis San Francisco, avant de prendre un vol de retour vers la Suisse le soir même. «Les centres d’entraînement sont tous de grande qualité et c’est aussi décisif», a-t-il précisé. Il faut en effet tout prendre en compte. «Nous avons plusieurs bonnes options», a assuré le sélectionneur.
C’est donc pour cela qu’une délégation suisse a prolongé son séjour aux États-Unis, depuis le tirage au sort de vendredi soir, et qu’elle a surtout traversé le pays pour passer de Washington à la côte ouest.
Dans cette équipée, Murat Yakin, le sélectionneur, et Davide Calla, son adjoint, Damien Mollard, le manager de la sélection, Adrian Arnold, chef de la communication de l’ASF et un responsable performance et infrastructures pour un regard technique. Pour décider du lieu retenu comme camp de base.
Le premier élément de réponse est évidemment tombé avec le tirage au sort de la phase finale, au Kennedy Center, vendredi dernier. Dans le groupe B, avec le Canada pour tête de série – sur le papier le plus faible des douze adversaires possibles –, le Qatar (un tirage très favorable là aussi) et un dernier adversaire à déterminer au mois de mars après les barrages (Italie, Irlande du Nord, Pays de Galles ou Bosnie-Herzégovine), la Suisse savait qu’elle jouerait sur la côte ouest.
Depuis samedi, elle connaît également précisément les lieux de ses matches et l’ordre des rencontres. Ouverture des feux le 13 juin contre le Qatar, au Levi’s Stadium de Santa Clara, au sud de San Francisco, le stade des 49ers en NFL. Deuxième match le 18 juin contre le barragiste, au SoFi Stadium de Los Angeles, le domicile NFL des Rams et des Chargers. Troisième et dernière rencontre du groupe contre le Canada, le 24 juin, au BC Place de Vancouver.
Cinq camps de base retenus
Avec ses deux premiers matches à «Frisco» et «L.A.», une évidence: s’installer en Californie dès le début. Alors? Quelle est l’option retenue par la délégation helvétique?
«On ne sait pas encore, tempère Adrian Arnold. Nous avons retenu cinq camps de base possibles en Californie, qui nous intéressent, et que nous avons tous visités. Cela va de San Diego à San Francisco, en passant par Los Angeles. Maintenant, une fois rentrés en Suisse, nous allons procéder à un débriefing, confronter nos arguments et nos points de vue pour affiner notre choix. Nous communiquerons nos choix définitifs le 9 janvier à la FIFA.»
Les choix, c’est une option A, une option B, une option C, par ordre de préférence. La FIFA regarde ensuite s’il y a d’autres pays qui ont coché les mêmes lieux ou pas. On revient à la charge: quel pourrait être le premier choix de l’ASF?
Les critères pour choisir
Ce que l’on sait, c’est qu’un site à Seattle, bien plus au nord sur la côte ouest, a pu intéresser la Suisse. Mais que la Belgique, tête de série, a déjà retenu l’endroit. Idem avec un site à Los Angeles, mais qui a été coché, semble-t-il, par l’équipe des États-Unis, prioritaire elle aussi.
La Suisse a donc retenu cinq autres camps de base potentiels. Les critères? «La qualité des terrains d’entraînement, bien sûr, explique Adrian Arnold. Les infrastructures à disposition sur place. Ces deux éléments représentent sans doute les critères les plus importants. Mais la distance entre l’hôtel et le centre d’entraînement est également capitale. Ainsi que la qualité de l’hébergement, le calme, ce qui est à disposition sur place dans l’hôtel.»
Les visites se sont bien déroulées. «L’avantage, c’est notre expérience, rappelle Adrian Arnold. Nous avons l’habitude de participer à tous les grands derniers tournois, nous savons ce que nous voulons.»
Comment va maintenant se passer le débriefing en Suisse? Une préférence se dégage-t-elle déjà? «Deux endroits intéressent beaucoup Murat, dit Adrian Arnold. Il y a d’autres tendances qui existent au sein du groupe. Il va falloir discuter, regarder encore, revoir tous les points pour chaque endroit. Et trancher.»
La température sur place pèsera dans la balance. Au Mondial 2026, la Suisse jouera ses trois matches du groupe B à 12 heures, heure californienne. Cela fait 21 heures en Suisse et c’est très bien pour le téléspectateur helvétique et les audiences, en revanche, ça l’est un peu moins pour les joueurs.
La fraîcheur de «Frisco»
Après les matches, un peu de fraîcheur, cela ferait du bien, si possible. À Los Angeles, au mois de juin, il fait en moyenne 26 degrés (17 la nuit). À San Diego, un peu moins, 22 degrés (17 la nuit). Mais à San Francisco, la moyenne en juin s’établit vers les 19 ou 20 degrés et à 13 ou 14 la nuit. Intéressant?
Et si la Suisse posait l’été prochain ses valises dans les environs de San Francisco? Un match sur place, le premier, qui plus est, dans la foulée de la préparation. Et deux déplacements en avion, ensuite, à Los Angeles à 600 km au sud et à Vancouver, à 1300 km au nord. Réponse bientôt.

