À Tende, une cagnotte en ligne circule depuis quelques jours pour tenter de maintenir à flot l’hôtel du Centre, le dernier établissement hôtelier du village, comme l’ont rapporté nos confrères de France 3 Côte d’Azur.

Objectif affiché : 5.000 euros. Une somme destinée à passer l’hiver et à financer des travaux de mise aux normes nécessaires. Près de 3.500 euros ont déjà été récoltés à ce jour. À l’origine de cette mobilisation, un ami de Cécile Dattas, 60 ans, gérante de l’hôtel depuis trois ans. Installée de longue date dans la vallée, elle a repris l’établissement dans un contexte déjà compliqué, peu après la tempête Alex.

« J’ai mis tout ce que j’avais dans ce projet, confie-t-elle à Nice-Matin. Je me suis fait avoir. Sans cette cagnotte, j’aurais dû fermer l’hôtel. »

Des travaux découverts après la reprise

La trésorerie de Cécile est « dans le rouge ». « Six mois après avoir pris l’hôtel, la commission de sécurité est passée pour faire un contrôle : rien n’était aux normes », souffle aujourd’hui la gérante. Système incendie, désenfumage, électricité : tout est à reprendre. Un avis défavorable est rendu, assorti d’une liste de travaux obligatoires qui coûtent cher.

« Si le maire n’était pas intervenu auprès du Préfet pour demander un délai pour effectuer les travaux, j’aurais dû fermer l’hôtel le jour même », déclare la tenancière, reconnaissante.

Le propriétaire prend en charge la remise à neuf du système incendie et de désenfumage. « 23 000 euros » investis pour éviter la fermeture immédiate. Reste un chantier à mener : l’électricité. Cécile attend encore le devis.

8.000 euros de fioul

À ces contraintes s’ajoutent des frais de fonctionnement difficiles à absorber. L’hiver dernier, l’hôtel a consommé pour 8.000 euros de fioul, selon Cécile. Une facture lourde, d’autant plus que, jusqu’en juin, le tunnel de Tende était fermé à la circulation et le train des Merveilles à l’arrêt jusqu’au 15 décembre dernier pour travaux. Résultat : une fréquentation au ralenti dans ce village de l’arrière-pays, longtemps coupé de ses voisins italiens et niçois - la tempête Alex ayant coupé les grands axes de la vallée de la Roya.

« J’ai terminé de rembourser le fioul en juillet », précise Cécile. La trésorerie, déjà fragile, a continué de se dégrader. Lorsque les premières réservations de l’hiver ont commencé à arriver, les caisses étaient vides.

« Au moment où j’ai pensé abandonner et fermer, mon ami, Didier Aubourg, m’a dit qu’il fallait faire une cagnotte en ligne. J’ai 60 ans, ce n’est pas vraiment mon truc. Alors il a pris l’initiative. J’ai été surprise de recevoir autant d’aide. »

Une solidarité qui redonne une bouffée d’oxygène Sur la page en ligne, les messages de soutien se multiplient. « Cécile est une combattante. Elle aime Tende. Elle aime cet hôtel », écrit Didier Aubourg. En quelques jours, plusieurs milliers d’euros sont collectés. Une bouffée d’oxygène. « Sans cette aide, j’aurais fini exsangue avant l’été », reconnaît la gérante. « Ça va me permettre de payer le loyer et de remettre les cuves de fioul à niveau pour chauffer correctement les chambres. » La situation pourrait s’améliorer avec la réouverture du tunnel en continu et la reprise du train des Merveilles. Cécile l’espère.

Le dernier hôtel de Tende

L’hôtel du Centre n’est pas qu’un commerce. C’est le seul hôtel du village qui a résisté à la tempête, le point de chute des randonneurs et des amateurs de gravures préhistoriques. Sa fermeture laisserait un vide durable. À plus long terme, Cécile Dattas espère pouvoir rénover progressivement les onze chambres de l’établissement, « une par an », et retrouver l’étoile que l’hôtel avait autrefois. Sans illusion, mais avec ténacité.

« Je crois encore en ce projet, assure-t-elle. C’est une maison qui me plaît, qui a un potentiel énorme. Et qui a de très bons avis sur Internet. Pour la Saint-Sylvestre, j’ai déjà quatre chambres réservées et d’autres réservations pour cet été. »

Une note positive pour bien démarrer l’année 2026.