Le seul commerce de proximité de Loches-sur-Ource (Aube), environ 350 habitants, a fermé. La faute à une succession de défaillances techniques des locaux accueillant l'hôtel-restaurant quatre étoiles "Au cœur des bulles". Dans cette petite commune, à une quarantaine de kilomètres de Troyes, les torts sont partagés.

Michael Baudin, le désormais ex-gérant du complexe, l'avait repris fin 2022 et payait donc un loyer chaque mois, à la mairie, propriétaire des locaux. Son hôtel de dix chambres et son restaurant accueillaient régulièrement des clients, dans une zone géographique où les vignobles de champagne sont nombreux. Le premier problème arrive en décembre 2023. "La foudre est tombée sur le bâtiment. Suite à cela, le chauffe-eau du bâtiment a grillé", assure Michael Baudin.

Les échanges débutent alors pour tenter de chauffer le matériel défectueux. Entre-temps, le maire Michel Tassin en poste depuis 17 ans, "avec qui cela se passait très bien", quitte ses fonctions et est remplacé par Martine Kucharski. "Les ennuis ont commencé. Nous les avons relancés plusieurs fois pour remplacer le chauffe-eau, de leur dire que l'on perdait des clients, qu'ils se plaignaient et que l'on ne pouvait pas les recevoir dignement dans un hôtel que l'on venait de passer quatre étoiles avec ma femme. [...] Cela a duré 16 mois", témoigne l'ex-gérant.

Michael Baudin a ensuite envoyé une mise en demeure avec l'aide d'un avocat, pour selon lui obliger la mairie à réagir. "Ils ont commencé à bouger à ce moment-là", assure-t-il.

Une fermeture administrative décidée

Un planning de travaux, concernant la chaudière, mais pas que, se met alors en place. "La fameuse chaudière, le portail électrique qui fermait le parking sécurisé qui ne fonctionnait pas depuis le début, les fuites d'eau dans la salle du petit-déjeuner. Ils ont mis des choses en place à partir de ce moment-là", énumère Michael Baudin.

Des clients se plaignaient tous les jours qu'ils ne pouvait pas prendre de douches
Michael Baudin.

Au vu de la lenteur de la mise en place des travaux, mais surtout de ses conséquences sur son chiffre d'affaires, en baisse de 30% entre 2023 et 2024, le gérant avoue s'être lassé. "La motivation n'y était plus. On a trouvé l'alternative de prendre un établissement dans un autre village alentour", poursuit-il. "Il y a certaines obligations que je n'ai pas faites, je ne le nie pas. Je n'allais pas engendrer des frais. Au moment de signer le bail, ils m'ont loué un local qui n'était pas conforme".

Selon l'ex-gérant, la mairie voulait donc qu'il prenne à sa charge la mise aux normes d'un certain nombre d'équipements, dont la hotte de la cuisine par exemple. Une certaine lassitude installée dans les deux camps, la mairie propose alors une résiliation à l'amiable, selon Michael Baudin. "On l'a accepté pour le 30 novembre. Une fois que l'on a accepté, j'ai envoyé un mail comme quoi cette décision était prise à cause de plusieurs problèmes techniques tout au long de notre acclimatation, pour laisser une trace", justifie l'ex-gérant. Ce à quoi la mairie répond "que je n'avais pas fait certains contrôles et présenté certains documents, que c'était entièrement ma faute et que je leur étais redevables de plusieurs loyers. Ce n'était plus du tout à l'amiable", détaille-t-il.

Tous ces éléments ont finalement conduit les autorités à prononcer une fermeture administrative le 17 novembre 2025. En lien avec un avocat, Michael Baudin assure qu'une procédure est en cours. Sur Facebook, l'ex-gérant dit avoir déposé plainte pour faux et usage de faux. Contactée, la mairie nous a indiqué que les élus ne souhaitaient pas répondre à nos sollicitations.