Créer des lieux où l’élégance se vit avec simplicité. » C’est le projet de Solestia, un groupe créé en fin d’année 2025 avec l’acquisition de quatre hôtels 4* et un restaurant, à Cannes et Nice. Aux manettes, Rodolphe Chupin, spécialiste en construction et réhabilitation de biens immobiliers de luxe sur le territoire azuréen. À la direction des opérations, son fils, Côme Chupin, formé à Nice à Skema Business School, passé par l’international, avant de choisir l’entreprise familiale. Et la stratégie opérée dès la création du groupe est bien rodée. « L’offre sur le territoire est forte mais on note tout de même une certaine déconnexion avec ce que proposent les marchés parisiens et européens par exemple.
Il y a eu, certes, une montée en gamme récente avec l’ouverture de quelques hôtels de luxe comme celui du Couvent à Nice, mais nous souhaitons nous positionner sur un produit qui nous ressemble. Du haut de gamme accessible. Avec un ancrage local fort, visible. » À Cannes, Solestia a racheté (pour un montant resté confidentiel), l’hôtel Verlaine (46 chambres), l’hôtel & Spa Cézanne (29 chambres), tous deux sur le boulevard d’Alsace à 500 mètres de la Croisette, et l’hôtel Renoir (31 chambres) à 5 minutes à pied du Palais des Festivals. À Nice, rue Hôtel des Postes, le Posidonia (38 chambres), qui devrait être livré à la fin de ce premier semestre 2026, en même temps que le Sacha, le restaurant attenant qui accueillera, terrasse comprise, quelque 100 couverts, pour un concept bistronomique.
La Méditerranée en muse
Couleurs chaudes, matériaux chics et sobres, mobiliers sur mesure, « nous avons retenu le thème de la Méditerranée pour incarner l’établissement, avec des œuvres signées Franck Lebraly dans les chambres. » L’artiste est également à l’origine de la charte graphique et du logo du groupe et d’une pièce maîtresse réalisée en collaboration avec Sophie Toporkoff (ancienne directrice artistique de la Maison Hermès, spécialiste du vitrail), qui ornera l’entrée du Posidonia : un vitrail de 2 mètres de large sur 3 mètres de haut. « Avec cette idée de créer un souvenir, une image forte, remarquable, de l’hôtel. » À Nice, Solestia a investi 7,5 millions d’euros dans la réhabilitation lourde de l’ancien hôtel de Verdun qui se nommera désormais le Posidonia. Il bénéficie de l’installation de panneaux solaires thermiques permettant de répondre à 30 % des besoins en eau chaude sanitaire. À Cannes, l’hôtel Renoir a bénéficié d’une refonte complète de son lobby et de sa salle de petit-déjeuner, dessinée par le cabinet d’architecture niçois Bleu Gris. L’hôtel Cézanne a également essuyé quelques travaux d’amélioration de son jardin. Et le Verlaine possède également de nouveaux jardins, en adéquation avec la marque et le standing retenu. Au total, 500 000 euros ont été investis pour réaliser ces travaux.
Digitalisation des process
Les process ont également été remis au goût du jour, digitalisés et mutualisés, pour permettre aux équipes d’être ainsi formées pour tous les établissements du groupe. « Nous devons proposer à nos équipes des perspectives d’évolution, de mobilité. Cela fait partie de la valorisation du travail. Dans ce monde de services où les équipes sont en première ligne face à une clientèle toujours plus exigeante, l’entreprise doit être à la hauteur des enjeux de QVT [Qualité de vie au travail, ndlr]. »
À Cannes, l’hôtel Renoir a rouvert avec le démarrage du Festival des Jeux, les deux autres sont déjà opérationnels. À Nice, le Posidonia peaufine son standing avec ses 38 chambres avec vue (notre photo) et son restaurant qui ne sera pas réservé à la clientèle de l’hôtel mais ouvert à tous. Confiant, sur l’avenir de Solestia (dont le nom est un savant mariage entre le soleil et la divinité grecque Hestia, symbole du foyer et de la lumière sacrée), Côme Chupin, laisse volontiers le suivi de chantier à son père mais voit loin pour cette aventure hôtelière dont il soigne la stratégie. « Nous avons beaucoup investi aujourd’hui, mais c’est important et nécessaire pour demain. L’idée est de pérenniser ce patrimoine, d’en faire un atout supplémentaire pour l’attractivité touristique du territoire. » Comme écrivait Corneille : « Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années. »

