Sur la jetée du Cap Ferret, en Gironde, les navettes maritimes qui assurent la liaison avec Arcachon ont l'air bondées en ce mois d'août. Mais seulement en apparence, puisqu'elles accusent 30% de voyageurs en moins cet été. La cause : les importants incendies qui ont ravagé la Gironde. Entre le 24 juillet et le 4 août, la presqu'île du Cap Ferret avait des airs de ville fantôme. L'important incendie de Saumos a conduit à l'évacuation totale des lieux. Si les touristes ont peu à peu réinvesti les lieux, la fréquentation reste, malgré tout, mitigée.

"Très, très, très calme"

"La première semaine après la réintégration a été très, très, très calme", assure Fanny Gilles de l'office de tourisme de Claouey et du Cap Ferret. D'ailleurs, les touristes ont été beaucoup moins nombreux à pousser les portes des offices de tourisme : moins 35% au Cap Ferret et moins 45% à Claouey. Et lorsqu'ils viennent, leur démarche a changé, "les gens nous posent des questions différentes, ils nous demandent surtout si des choses ont changé depuis les incendies", confie Fanny Gilles.

Le phare du Cap Ferret est lui aussi un bon baromètre de la fréquentation touristique, et sans surprise, ce sont 7% de visiteurs en moins qui s'y sont rendus cet été par rapport à l'an dernier.

"C'est un été assez atypique."

Fanny Gilles

Office de tourisme de Claouey et du Cap Ferret

Commerçants et professionnels du tourisme attendaient donc la réouverture de la presqu'île le 4 août avec impatience et espoir, mais la saison est restée bien différente. "La réouverture a été très calme mais quelques jours après, ça a été un déclic, tout le monde est revenu, la presqu'île s'est remplie", raconte Leïla Koechlin, gérante d'une boutique. Mais pas de quoi rattraper les douze jours de fermeture forcée. "Les gens consomment différemment, on compte entre 20 et 30% de baisse sur le chiffre d’affaires de la saison, assure la commerçante. Normalement, ce sont les dix plus gros jours de l'année pour nous."

Pour certains, la perte de chiffre d’affaires s'accompagne de licenciements forcés. "On a eu une reprise assez compliquée, les gens ont eu du mal à revenir et ne consommaient pas trop, j'ai dû licencier trois saisonniers parce que je ne savais pas comment ça allait redémarrer", confie Carlos Ribeiro, restaurateur. Le professionnel a donc dû gérer seul son activité pendant le mois d'août, "je commence à être fatigué moralement et physiquement". Désormais, il espère compter sur l'arrière-saison et un mois de septembre clément même s'il assure que cela ne suffira pas à rattraper les pertes.

"Les prix des location ont dégringolé sur la presqu'île."

Thomas Boudon

Directeur d'un hôtel au Cap Ferret

Les locaux présents

Côté hébergements aussi, la situation est un peu tendue. Désormais, c'est surtout une clientèle régionale qui fait travailler les professionnels du secteur depuis les incendies. "Les gens ont eu peur et n'ont pas forcément voulu revenir", constate Fanny Gilles, de l'office de tourisme. "Du 14 juillet au 15 août, c'est la plus grosse période pour nous et elle a été entachée", lâche Thomas Boudon, directeur d'un hôtel au Cap Ferret.

Si le restaurant de son établissement fonctionne bien, ce sont ses chambres qui ont du mal à se remplir. "La plupart des gens ont annulé leur séjour, les gens qui avaient réservé n'ont pas souhaité revenir, aujourd'hui on a une clientèle locale et plus du tout une clientèle de loisirs", explique-t-il.

Le mois d'août aura eu une saveur particulière pour les professionnels du tourisme. Les visiteurs à la journée ou les propriétaires de résidence secondaire auront donc fait tourner le commerce local en cette deuxième partie d'été.