Plus de 35 ans après l’incendie qui a ravagé ce lieu emblématique du port de St-Aubin, l’hôtel Pattus renaît de ses cendres. L’établissement a ouvert ses portes il y a une semaine sous la houlette de nouveaux exploitants : Campus Lac. À la tête de l’entreprise, les Gruyériens Patrick Perrottet et son fils Antoine. C’est ce dernier qui nous a ouvert les portes de son hôtel-restaurant jeudi après-midi. Reprendre un établissement de cette taille n’est pas évident, et ça l’est encore moins quand les ex-gestionnaires ont fait faillite. Pour rappel, en octobre 2025, la société neuchâteloise Swiss Evolife, détenant l’hôtel qui portait alors le nom de Port Conty, faisait faillite. « Bien sûr, la faillite fait partie du challenge », estime Antoine Perrottet. « Aujourd’hui, on souhaite donner un nouveau souffle en reprenant le nom « Pattus » et en transformant un peu les lieux à notre sauce », ajoute l’exploitant. Ce nom est mythique dans la région, car il envoie directement à l’établissement d’origine qui se trouvait sur ce terrain. « On avait peut-être sous-estimé l’importance de ce nom pour les gens de la région », analyse Antoine Perrottet.

Antoine Perrottet : « On a cru comprendre que c’était un établissement qui plaisait. »

Pour le nouveau gestionnaire, le concept de l’hôtel a totalement changé depuis la reprise : « Nous souhaitons nous consacrer uniquement à l’hôtellerie et à l’appart-hôtel éventuellement pour l’hiver.»

À l’intérieur des murs : 68 chambres pour environ 170 lits. Le complexe compte également des appartements protégés. Lorsque l’ancien exploitant a quitté les lieux, les services dédiés aux séniors se sont arrêtés du jour au lendemain, selon le gestionnaire. « Au moment de la négociation du bail, il y avait 14 aînés dans l’établissement. Aujourd’hui, 10 personnes vivent ici », explique Antoine Perrottet. Campus Lac a accepté de louer les appartements à ces personnes, néanmoins aucun service n’est aujourd’hui en place pour prodiguer des soins. « Des infirmières passent de temps en temps pour certains résidents », ajoute le représentant. Ces appartements protégés sont voués à disparaitre, cependant, pas question de mettre les derniers résidents dehors.

 «Ces gens n’ont rien demandé.»

Finalement, l’hôtel Pattus est encore amené à changer ses prochaines années. « L’idée est de construire une piscine extérieure devant l’hôtel ainsi qu’un sauna, étant donné qu’on a dû démanteler le spa à l’intérieur, qui était difficilement exploitable », termine Antoine Perrottet, qui espère que les Neuchâtelois seront curieux de venir découvrir ou redécouvrir ce lieu emblématique de La Grande-Béroche. /crb