La décision était attendue depuis des années. Les locaux de l’ancien cinéma Gaumont, à l’abandon depuis 2008, vont bien accueillir un hôtel 4 étoiles. Le 6 juin, le Conseil d’État a donné raison à la Ville et au groupe hôtelier Ferré, porteur d’un projet de 88 chambres, à l’issue d’une bataille judiciaire entamée début 2020, a révélé Le Télégramme le 10 juin.

Aujourd’hui, la région rennaise compte 1 082 chambres haut-de-gamme. Soit un quart des 4 038 chambres d’hôtels disponibles dans la métropole, selon l’Insee. 100 de plus que les 1 et 2 étoiles. « Ces dernières années, beaucoup d’hôtels économiques ont fermé à Rennes, observe Karim Khan, propriétaire du château d’Apigné au Rheu et ancien président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie de Bretagne (UMIH). Le nombre d’hôtels haut-de-gamme n’a, lui, cessé de progresser. » Plus 30 % en huit ans selon nos calculs.

Clientèle d’affaires

Ce changement de paradigme coïncide avec l’arrivée de la ligne à grande vitesse (LGV) en 2017. Et, dans son sillage, de tous les projets de nature à faire entrer Rennes dans « la cour des grands » : nouveau centre des congrès aux Jacobins, ligne B du métro, quartier d’affaires EuroRennes… De quoi attirer une clientèle d’affaires, pas emballée par l’idée d’expérimenter la life style à la Rennaise dans de vulgaires 2 étoiles planqués au fin fond de zones industrielles.

Les hôteliers l’ont bien compris. Dès 2014, le Balthazar a affiché en lettres dorées ses 5 étoiles en centre-ville. Une première dans les murs de la capitale bretonne. Dans la foulée, plusieurs 4 étoiles sont apparues dans l’hyper-centre. L’hôtel & spa 4 étoiles Le Saint-Antoine a ouvert en 2016 avenue Janvier. Le Mama Shelter en 2023… Au risque de la saturation ? Elle est déjà là, relève Stéphane Joubert. « On est déjà dans le haut du panier en termes de chambres, estime le directeur de l’hôtel Mercure Rennes-centre-gare. Quand il y a des congrès, ça marche fort. Mais en période creuse, on est sur un taux d’occupation très moyen. »