Comment avez-vous préparé cette finale européenne ?
Après ma médaille d’or aux épreuves régionales en 2022 alors que j’étais en Bac pro à l’École Hôtelière d’Avignon, l’année suivante j’ai décroché la médaille d’argent en finale nationale quand j’étais en Mention complémentaire Pâtisserie et en apprentissage chez Bocuse.
Cette année pour la finale européenne, ma préparation a été un peu particulière parce que j’ai terminé ma formation et que je travaille comme second de cuisine au Quai des Saveurs¹. Son chef Saïd Soumaila a, d’ailleurs, lui aussi été formé à l’École Hôtelière. J’ai donc dû préparer le concours très tôt le matin avant le début du service ou le soir très tard, disons plutôt la nuit… Maintenant, quand on fait ce métier, on a l’habitude de faire des heures et de tenir le coup physiquement. Et puis, j’ai pu compter sur l’aide et l’appui de trois cuisiniers : le chef du restaurant évidemment, mais aussi mon ancien professeur au CFA, Patrice Leroy, et enfin Arnaud Acher, professeur et expert technique des WorldSkills. Leurs conseils m’ont été précieux pour m’organiser au mieux pour la finale et savoir gérer le stress de façon positive.
Comment s’est déroulée la finale qui était forcément d’un niveau relevé ?
Il y avait effectivement 25 concurrents de haut niveau pour la finale et sept plats à préparer pendant les trois jours de compétition. Il fallait rapidement s’adapter au matériel de cuisine qui était différent de celui que j’utilise au quotidien et aux ingrédients des plats que j’ai trouvé plus humides qu’en France. Ce qui m’a bien lancé et m’a permis sans doute de faire la différence, c’est le premier plat de l’épreuve : un montage de plusieurs couches de poissons avec un dessin en arabesque sur le dessus. C’était une pièce compliquée que je réussissais moyennement à l’entraînement. Mais là, pour le jour J, il était très beau et bien assaisonné. Mais il fallait maintenir le niveau sur toute la durée de la compétition, être régulier dans la performance.
Je pense que le fait d’avoir candidaté au titre du Meilleur Apprenti de France, le MAF, à 16 ans sous l’impulsion du chef Leroy parce que, selon lui, je résistais à la pression et j’étais rigoureux, m’a sans doute aidé à gérer les épreuves imposées en compétition. Et je ne suis pas le seul ! Patrice Leroy est un peu un découvreur de talents car les apprentis du CFA ont remporté des distinctions au MAF, tant en cuisine qu’en salle, et aux WorldSkills également.
Quels bénéfices retirez-vous de votre performance aux EuroSkills ?
Les chefs disent souvent qu’un mois d’entraînement intensif pour une compétition des métiers fait gagner un an de travail. On apprend à résister au stress que l’on retrouve au travail et on progresse aussi dans son organisation personnelle et dans le respect des règles d’hygiène.
Comment avez-vous eu le déclic pour la cuisine ? Qu’est-ce qui plait dans ce métier ?
Tout simplement à l’occasion d’un stage en classe de troisième de découverte d’un métier. J’ai dit à mes parents en rentrant : c’est ça que je veux faire !
Ce qui me plaît dans mon métier c’est avant tout le partage de la préparation et la convivialité des repas. Faire plaisir aux gens, c’est une telle satisfaction. Et puis, en interne, il y a l’esprit d’équipe au sein de la brigade qui me plaît aussi. L’un des avantages de ce métier est de pouvoir apprendre chaque jour de nouvelles techniques, d’acquérir de nouvelles connaissances. La cuisine est un métier d’évolution continue.
Et pourquoi avoir choisi de vous former à l’École Hôtelière d’Avignon ?
Il y avait trois écoles autour de chez moi à Carpentras ; j’ai choisi l’école de la CCI parce que je connaissais quelques professeurs que je trouvais géniaux. Les locaux et le matériel sont top. Les grands chefs d’Avignon sortent tous de cette école. Ils y reviennent d’ailleurs de temps en temps pour donner des masterclass. Ce que j’ai appris pendant mes quatre années de formation devrait me permettre d’aller travailler n’importe où dans le monde et dans tout type de restaurant. L’apprentissage m’a fait mûrir très vite un peu comme les sportifs de haut niveau jetés dans le grand bain très tôt ! Et les concours métiers que j’ai passés ont continué de me faire gagner en maturité.
Justement avec vos diplômes en poche et votre médaille autour du cou, quel est votre projet professionnel ?
Depuis que j’ai commencé la cuisine, je n’ai qu’un objectif : devenir, à terme, chef privé. Cela me permettra de voyager pour accompagner cette personne qui peut s’offrir un chef à demeure, partout dans le monde en m’adaptant à ses goûts et ses besoins et à la gastronomie des pays visités. Et pour atteindre cet objectif, j’aimerais d’abord travailler dans un restaurant étoilé et passer six mois dans une boucherie puis six mois dans une poissonnerie pour bien connaître et savoir travailler ces produits de base.
Quel message aimeriez-vous faire passer pour donner envie aux jeunes de se lancer dans la cuisine ?
En cuisine, tout est possible : rejoindre un grand restaurant, partir cuisiner dans le monde entier ou ouvrir son propre établissement. Pour y réussir, deux qualités sont essentielles selon moi : la rigueur et la persévérance.
L’École Hôtelière d’Avignon
1968 date de création de l’École Hôtelière d’Avignon
418 apprenants (93 % en apprentissage)
22 formations en cuisine, service et hôtellerie (du niveau 3 au niveau 7)
2 restaurants d’application
1 hôtel d’application

