Jeudi matin, les neuf salariés de l’hôtel Première classe à La Seyne, qui affirment ne plus être payés depuis décembre 2025, étaient devant la Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS), aux côtés des délégués de la CGT.
Soutenant ces personnels travaillant dans une très petite entreprise, (TPE) où le droit du travail ne prévoit ni comité social d’entreprise, ni représentation syndicale pour défendre leurs intérêts face à l’employeur, ils avaient obtenu un rendez-vous avec la directrice adjointe et un inspecteur du travail.
Chèques en bois
Durant l’heure qu’a duré l’entretien, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, les femmes et les hommes qui assuraient l’entretien et le fonctionnement de l’hôtel ont expliqué :
« Le patron (1) a pris la direction il y a trois ans. Après les travaux importants qu’il y a réalisés, il fallait le relancer pour être payé. En décembre 2025, nous ne l’avons pas été. Devant notre insistance, à la mi-janvier il nous a remis nos chèques. Nous les avons déposés dans nos banques et quelques jours après, nous avons été avisés qu’ils étaient sans provision. La banque demandant restitution des sommes utilisées. »
« Depuis, plus de salaire. Cet hôtel est une franchise du groupe Première classe, qui nous a répondu qu’il ne pouvait rien faire. Ce qui est révoltant, c’est que l’établissement n’a jamais cessé de fonctionner. Des personnes y travaillent. Sous quel statut, avec quel contrat ? Une procédure de redressement judiciaire est lancée depuis le 28 avril. Nous sommes tenus par nos contrats de travail, on ne peut chercher de l’emploi ailleurs. La mairie de La Seyne, les prud’hommes et le Procureur de la République ont été avisés. Un mandataire semble s’occuper de cette situation. »
S’unir pour plus d’efficacité
À l’issue de leur rencontre avec les cadres de la DDETS, les délégués CGT (2) et deux des salariés de l’entreprise ont précisé : « Il est nécessaire, pour une meilleure action, que les salariés soient unis dans leurs démarches. Vous devez vous organiser collectivement avec le mandataire. La procédure est complexe, elle va être longue, nous allons contacter l’avocate qui conseille certains d’entre vous. »
« Nous avons maintenant un interlocuteur direct à l’inspection du travail et nous vous demandons, chaque convocation de l’employeur, de nous aviser, pour vous accompagner et préserver vos doits. Les personnels de la DDETS envisagent de saisir d’autres administrations pour étudier cette affaire. »

