J'ai paniqué. J'ai dit : “Ben voyons, ça ne se peut pas qu'aucune personne à mobilité réduite ait dû se rendre à Rouyn”. J'ai eu besoin d'une chambre adaptée. Puis là je me disais que je ne pourrais jamais voir, mes amis chez eux alors dans leur ville à eux, raconte-t-elle.

Mme Courtois affirme qu'habituellement, les chaînes d’hôtels ont des chambres adaptées, mais pas à Rouyn-Noranda. Donc, j'ai appelé tous les hôtels disponibles. Puis on me répondait que non, il n'y avait rien d'accessible, d'adapté, avance-t-elle.

Elle affirme avoir finalement loué une chambre d’hôtel qui était accessible, mais pas adaptée. Elle nomme entre autres le miroir accroché trop haut pour qu’elle puisse se voir. Notamment la salle de bain, ça c'est une vraie, une vraie blague. C'était ridicule à souhait. Une salle de bain adaptée, le minimum qu'on doit avoir, c’est une barre d'appui au niveau de la toilette. Il n'y en avait aucune, décrit-elle.

D’après Mme Courtois, on est encore loin de l’accessibilité universelle. Honnêtement, je ne sais pas si je vais retourner à Rouyn éventuellement, justement à cause du choix d'hébergement adapté qu'il y a, ajoute-t-elle.

Un constat pour l’ensemble des bâtiments

D’après la directrice générale du Regroupement d’Associations de Personnes Handicapées de l’Abitibi-Témiscamingue, Valérie Deschênes, c’est un constat pour l’ensemble des bâtiments et pas uniquement les hôtels, puisque les constructions en régions éloignées sont plus vielles.

Depuis 2019, il existe la loi sur l'accessibilité au Canada qui vise vraiment un Canada accessible dans l'entièreté d'ici 2040. Donc les nouvelles constructions, vraiment, elles doivent [être] accessibles pour les personnes handicapées, ou si un bâtiment fait des rénovations majeures, par exemple, là ils sont obligés aussi de le rendre accessible, assure-t-elle.

Elle ajoute que la ville de Rouyn-Noranda a des problèmes d’accessibilité à partir des trottoirs, puisque la majorité des commerces ont une petite marche à l’avant de la porte d’entrée. C'est comme ça que la ville s'est construite, avance-t-elle.

Valérie Deschênes soutient que toute la population bénéficierait d’une plus grande accessibilité et adaptation des infrastructures de la ville, autant les personnes en situation de handicap que les mères avec des poussettes ou les personnes âgées qui ont des difficultés de mobilité.

C'est dommage parce que justement, les citoyens [à mobilité réduite] sont juste habitués à vivre avec ce qu'il y a sur leur territoire, dans leur ville. Donc ils ne vont juste plus aller aux activités ou plus aller dans les lieux publics parce que de toute façon, c'est pas accessible pour eux, déplore-t-elle.